"Chacun de mes retours à Paris, où j' avais mon travail, mes amis, mes habitudes, m'éloignait des rivages de la terre promise." (1)Il se rend de temps en temps à la synagogue de la rue Copernic, dirigée par l'un de ses amis, le rabbin Zaoui, avec qui il fondera également le groupe "Des pionniers du messie" pour réaliser dans les actes l'enseignement mystique de Bahya Ibn Paqûda. Sa traduction du livre de ce grand mystique juif du XIème siècle (vers 1080 de l'ère commune), parue en 1950, leur sert de base. Rue Copernic, c'est André Chouraqui qui parle, certains vendredis soirs, de l'espérance messianique et du sens profond d'une vie juive tournée vers l'essentiel.
" Oh la joie du fragile campement où nous pouvons retrouver le sens et la vérité de notre vocation d'hommes libres, créés à l'image du Créateur de l'univers ! Sortez de votre demeure, allez à cieux ouverts, dans l'oubli de vous-mêmes, libérez-vous des chaînes de l'égoïsme pour retrouver la plus pure, la plus irremplaçable des allégresses. Celle de l'homme libéré de toutes ses servitudes et qui marche pour construire son édifice de paix et de justice. Qu'un seul d'entre nous entende pleinement cet ordre et voici qu'un salut nouveau pénètrera les ténèbres, où tant d'hommes succombent, faute d'exemple, faute de courage, faute de soutien." (2)Dans la salle, une jeune fille, de seize ans plus jeune que lui, l'écoute avec attention.
Pour André Chouraqui,
dans l'instant même de cette rencontre, une conscience évidente s'impose,
il est en face de la femme qui doit partager sa vie.
"Je l'ai rencontrée rue Copernic. Elle est venue vers moi. Tout
de suite j'ai senti que j'avais devant moi une femme avec qui je pouvais faire
ma vie entière. Dès le premier contact j'ai senti qu'il y avait
là quelqu'un qui était important pour moi, qui compterait dans
ma vie. J'ai vu que je pouvais m'appuyer sur elle, que c'était solide.
J'ai vu qu'elle pouvait être celle qui m'accompagnerait pour la vie. J'ai
vu qu'elle avait la force de m'offrir l'unique chose qui m'intéressait,
un amour véritable. Pourquoi je n'ai rien dit ? C'est vrai, pendant longtemps
je n'ai rien dit, je n'ai rien laissé paraître, parce qu'il me
semblait que c'était délicat, à cause de cette différence
d'âge. Il y avait tout ce que j'avais senti mais en même temps,
c'était une toute jeune fille... Je dois dire qu'avec Annette tout s'est
passé comme un chant. L'un de ces chants de David que je venais de traduire.
Une prière magnifique." (Novembre 2003, André Chouraqui,
conversation)
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1. André Chouraqui L'Amour
fort comme la Mort Editions Du Rocher 1998 p.310 Retour
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2. André Chouraqui, octobre 1954, conférence
à l'occasion des fêtes de Tichri Retour
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